LA COPA PAR LE BAS

Retrouvez tous les articles de la chronique « La Copa par le Bas » dans les archives du blog, avec les analyses autour de la compétition au Brésil, quelques mots sur la situation sociale au Brésil ainsi que des échantillons de la musique brésilienne actuelle.

LA COPA PAR LE BAS

En ce mois de Juin 2014, le monde va avoir les yeux rivés sur le Brésil, où  va se dérouler la vingtième Coupe du Monde de Football. Une compétition présentée comme « LA » grande fête tant attendue mais qui sur le terrain se prépare dans une atmosphère de fronde. Le peuple brésilien voit le monde mais surtout la FIFA accompagnée d’une cohorte de multinationales leur danser sur la tête. Si la Coupe du Monde aura bien lieu, il est certain que les Brésiliens ne partageront pas forcément l’enthousiasme du téléspectateur footeux qui s’apprête à passer un mois planté devant son écran.

D’un seul coup, le Brésil, symbole d’un football populaire et métissé voit le décor de carte postale déchiré par un peuple décidé à ne pas jouer les VRP d’un pays qui avec l’organisation coup sur coup de la Coupe du Monde 2014 et des Jeux à Rio en 2016, joue dans les cour des grands. En effet il s’agit là d’une reconnaissance implicite de la puissance économique montante que représente le pays au même titre que la Chine lorsqu’elle organisa les jeux de Pekin en 2008 ou le Qatar avec la coupe du Monde 2022.

Et dans ce tumulte, des figures que l’on adorait sont devenues des « salauds » ordinaires, Platini, Pelé, Ronaldo et d’autres défendant l’indéfendable, niant la légitimité du peuple Brésilien à réclamer le respect de sa dignité. La fête n’est pas une parenthèse, où l’on noierait ses problèmes. La fête fait partie de la vie, en attendant que la vie soit une fête.

Et le foot dans tout ça ?

La Copa par le bas, ce n’est pas simplement parler des « Brésiliens pas contents ». On attend d’ailleurs les réactions de supporters français, qui coincés entre une grève des transports, une manifestations d’enseignants diraient presque avec fierté : « On est chez nous ! ». Non, c’est aussi parler de ce qui fait la magie de la Coupe du Monde, c’est la possibilité de découvrir des footballs, des styles de jeu des quatre coins du monde, avec des joueurs, des gestes qui sortent de l’ordinaire, des matches improbables…

La Copa par le Bas, c’est surtout parler de toutes ces équipes qui pour la plupart ne passeront pas le premier tour mais qu’on a l’occasion de découvrir au moment de la Coupe du Monde. Cette année, la majorité des matches ne seront pas diffusés sur les chaînes nationales gratuites (gratuit s’entend après paiement de la redevance…). Pour la majorité des téléspectateurs, il faudra donc se contenter des « grandes équipes », celles que l’on connaît et qui se retrouveront probablement en quart de finales.

Sans manquer de respect à Messi, C. Ronaldo, Benzema, Rooney ou Robben, nous savons déjà qu’ils sont des grands joueurs, eux qui jouent chaque année plusieurs dizaines de matches dans les championnats et compétitions européennes. Nous voulons découvrir des choses que nous ne savons pas déjà. Faut-il attendre un mois pour être frappés par des évidences ? Une finale Brésil-Espagne et l’Allemagne à la troisième place ?

Déjà en 2010, la Coupe du Monde en Afrique du Sud devait rendre grâce aux « petits », et notamment au football africain. Au final, la gifle a été d’autant plus violente, quand il fallut pour maintenir « l’ordre des choses » la main (comment la qualifier?) de Luis Suarez qui priva (à son grand bonheur) le Ghana et l’Afrique de sa première demi-finale. Le genre de moment, où tous les principes, les valeurs morales s’écroulent comme un château de cartes. Le crime parfait, une forme sophistiquée d’attentat-suicide.

Quatre ans après, les débats sur l’arbitrage sont centrés sur l’introduction de la vidéo comme moyen de chasser les défauts du jugement humain. Pourquoi n’a-t-on pas déjà introduit une « règle Suarez » qui permettrait à l’arbitre de siffler un but de pénalité lorsque des fautes d’antijeu manifestes empêchent de marquer un but tout fait. La vidéo est un débat d’argent, un débat d’investisseurs qui refusent de perdre leurs mises sur une erreur humaine. Tout le monde a vu la main de Suarez, et pourtant si demain un joueur fait le même geste, il pourra à nouveau devenir un héros national sans qu’aucune caméra ne puisse y changer quoi que ce soit.

Pendant ces quelques semaines, nous parlerons de ceux qui jouent en attendant qu’ils ne restent plus que ceux qui gagnent.Nous essaierons donc de parler football, du jeu, de l’esprit (s’il existe…), des gestes, des joueurs, du Brésil, avec du texte, des images, du son et de la bonne humeur !

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